mardi 2 mars 2010

*** Bad Test 3 *** Et merde, j'ai appuyé sur A...

Avant toute envolée lyrique de ma part (et je préfère vous prévenir tout de suite, préparez-vous un bon thé chaud, ce Bad Test risque d'être long...), j'aimerais que toi, cher lecteur (depuis le temps qu'on se connaît...), jettes un coup d'œil attentif à cette superbe jaquette. Une véritable mine d'informations ! Qu'y observe-t-on ?

1) Un quartier en proie aux flammes. On est donc certainement le 31 décembre.
2) Un mec qui tire de sa fenêtre dans la rue au hasard. À coup sûr un joueur de jeux vidéo, pour être désaxé à ce point.
3) Un autre type à la fenêtre d'en face, qui égorge un poulet. Bon, je suis pas convaincu, mais si c'est une dinde, ça reste cohérent vis-à-vis de la date.
4) Une bagnole de flics criblée de plombs. Hmm, ça ne rigole donc pas.
5) Devant ladite bagnole, un mec torse-poil qui a l'air de se réveiller (un quartier qui crame, des coups de feu, un poulet qui hurle, une sirène de police avec le volume à 11, je me réveillerais aussi...).
6) Un type apeuré qui sort la tête d'une plaque d'égout. Au passage, l'égout en question doit charrier une quantité impressionnante de "Mutagène" (mais si, les Tortues Ninja, tout ça...) pour avoir l'air aussi vert fluo.
7) On attaque le lourd. L'héroïne, fringuée en espèce de ninjette inversée [bah oui, les ninja en blanc, à part dans les Alpes, ça le fait moyen. Et à ma connaissance, le dernier ninja alpin est à la retraite (je le sais, j'ai vu un reportage là-dessus chez Jean-Pierre Pernault)] balance un coup de pied sauté à la tronche d'un bad guy avec un masque de hockey vendreditreizien (qu'on ne reverra d'ailleurs jamais dans le jeu)... armé d'un flingue !
8) Et on finit en beauté avec notre sympathique héros en marcel jaune (je sais bien que le quartier est chauffé à l'immeuble, mais on est tout de même le 31 décembre ! Si sa mère voyait ça...) qui, histoire de ne pas se faire appeler MacFlan à la prochaine récré, décide d'y aller lui aussi de son coup de pied sauté (non sans avoir auparavant enfilé ses fantabuleux sneakers SEGA... Rad !) dans la gueule d'un loulou fan d'Axl Rose armé d'un Uzi ! UN PUTAIN DE UZI MEC !

Ami lecteur, sois le bienvenu dans les Rues de la Rage. Rien qu'avec cette jaquette, on se prend 4000 baffes dans la gueule (et pas des baffes de tata Mireille hein, des baffes niveau Jason Tatane !). Ou un coup de pied sauté, si vous préférez. Ahlala, j'ai tellement de souvenirs mémorables de ce jeu, je ne sais par quoi commencer...

L'histoire ?
Pas de problème, c'est parti. Il était une fois, une métropole rongée par le crime et la corruption. Dans cette sympathique ville, trois jeunes policiers décident qu'ils en ont ras le pompon, rendent leurs insignes et partent combattre le crime à coup de phalanges et d'orteils (le titre Jap', Bare Knuckle, signifiant plus ou moins "à mains nues"). Nos braves paladins de la liberté (oui, rien que ça) sont :
- Axel Stone (le blond de la jaquette. Enfin, de la boîte quoi). Il tape dur, est rapide, mais moyen en saut.
- Blaze Fielding (la ninjette. Sauf que dans le jeu elle est en jupe rouge...). Elle ne frappe pas très fort, mais excelle en saut et rapidité.
- Adam Hunter (le noir en cuir. A.K.A. le poissard. Dans le 2, il est kidnappé par le bad guy, et dans le 3, il est peut-être parti pisser, ou sorti acheter un paquet de chips, mais en tout cas il est pas là...). Il tape dur, saute bien, mais est le plus lent des trois. C'était mon perso préféré (en mode 1 Joueur).

La musique ?
Rhôlala, la musique. Yuzo Koshiro, le compositeur de la bande sonore, est un dieu vivant. La musique dans ce jeu est magnifique, et ce malgré le processeur sonore de la Megadrive qui était réputé (à juste titre) à la ramasse (pour rester poli...). Une des meilleures OST de jeux à mon important avis. Écoutez-la, c'est un ordre. S'il vous plaît.

Les graphismes ?
Easy right, pas d'problème. Je me souviens encore de la première fois que j'ai pu voir Streets of Rage. Je devais avoir 8 ans, et je n'avais qu'une pauvre NES de prolo. Alors quand j'ai vu le jeu tourner sur un écran géant (dans mon souvenir, cet écran était vraiment GI-GAN-TESQUE !) à l'anniversaire d'un copain, disons que "ça m'a rappelé l'Palace"... Entre les gros pains dans la gueule et les explosions mitrailleto-bazookeuses, j'en ai pris plein les mirettes. Et ça a toujours le même effet sur moi aujourd'hui ! Et puis bon, la 2D, ça vieillit pas. À part la 2D moche, mais là ça va.

Le gameplay ?
Aah, enfin, on attaque le cœur. Avec une croix et trois boutons, on fait quoi ? On fait le meilleur beat'em all 16-bit bien sûr ! Avec le B, on cogne, avec le C, on saute, et avec le A, on appelle les flics. Oui oui, tu as bien lu, camarade lecteur. En appuyant sur A, une bagnole de flic débarque, envoie la purée bigoût plomb/napalm (avec le Joueur 1, les flics tirent au bazooka, avec le 2, à la Gatling), et nettoie encore mieux que le Cilit-Bang (il est cependant déconseillé de nettoyer sa baignoire au napalm). Sinon, ça reste un beat'em all relativement classique, à un joueur,avec des prises plutôt sympa (le german suplex, indémodable). À deux joueurs, les prises peuvent être combinées, afin de former une orgie de bourre-pifs aéroportés.

Y'en a un peu plus, je laisse ?
Ajoutez à ça des armes temporaires (dont la fameuse Poivrière of Blinding Fate), des tables roulantes maudites (dans le niveau 8), des ennemis qui meurent en poussant un cri immonde (dont les putes en combi en skaï et fouet, et celles en noir, qui tombent à chaque pain, et qui mettent 5 secondes à se relever... SALOPES !), une proportion de rouquins parmi lesdits ennemis impressionnante (je déconne pas, les 2/3 des gens qu'on tabasse sont roux). En ce qui concerne les boss, on se coltine :
- au niveau 1, un blaireau en übermarinière armé d'un boomerang (quoi de plus pratique qu'un boomerang pour tabasser quelqu'un...)
- au niveau 2, un clone de Freddy. C'est tout.
- au niveau 3, un bourrin qui ressemble à l'enfant bâtard de Rambo, Tarzan et Hulk Hogan (oui je sais, c'est répugnant), que nous appellerons pour plus de commodité Rambarzan Hogan.
- au niveau 4, un gros skinhead cracheur de feu sosie François Hadji-Lazaro. Attention, les prises ne marchent pas sur lui, vu qu'il nous retombe dessus (ce gros Porc !).
- au niveau 5, deux gonzesses clones de Blaze. Des plaies qui s'arrêtent de sauter uniquement pour nous exploser la gueule à coup de prise. De loin le pire boss de fin de niveau... Ça doit venir de là, le mot "rage" dans Streets of Rage...
- au niveau 6, double dose de Freddy. Mouais.
- au niveau 7, pas de boss, vu qu'on se trouve dans un ascenseur. Oui, bon, c'est pas vraiment logique, mais histoire de ne pas compenser, on peut balancer les ennemis dans le vide. Ce qui est, admettons-le, un plus non négligeable.
- au niveau 8, c'est une autre paire de bretelles de skin cracheur de feu. Avant d'atteindre le dernier boss (sans accès à la bagnole de flics), on se retape tous les boss à travers le niveau (dont Taro Hogan, le frère jumeau de Rambarzan Hogan, et ces deux connasses de Blaze-like) avant de tomber sur ce poseur de Mr. X, assis peinard dans son fauteuil Louis XXII, un tuyau de gouttière aux pieds (gné ?), qui nous fait une offre qu'on ne peut refuser (enfin si, mais bon), et qui peut amener (en mode 2 Joueurs) à prendre la tête du syndicat du crime. Rien que ça. Bon, si on la joue good guy, on doit se fader une tripotée de sous-fifres avant de buter ce brave Ixounet armé d'une mitraillette (qu'il utilise en tirant n'importe où comme un con, ou en foutant des coups de crosse of Doom), qui décède dans une pluie de douilles. Roll the credits. Coucher de soleil et bruit des vagues. Que demande le peuple ?

Le plus grand beat'em all de la période 16-bit.

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